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Chez les Ibères en Hiver...
La Revanche du Retour!

26 Janvier au 6 février 2026

Jour 3: Trop de Vent Derrière!

    Le vent a soufflé bien fort toute la nuit, entre 60 et 80km/h...
Heureusement que j'en étais bien abrité, parce que je l'ai bien entendu dans les arbres autour de moi, et parfois bien senti aussi!
    Et puis ce matin, plus rien!
Pas même une douce brise
à 8h, mais de belles couleurs vers l'est au levé du jour!
Ces belles couleurs n'ont pas duré, le ciel est très rapidement devenu très très sombre...
Autant la vision de mon fidèle destrier tout gris et
bien chargé me confère beaucoup de joie, autant l'absence de vent est plutôt inquiétante lorsque le ciel est lui aussi tout gris et bien chargé... nous sommes bien d'accord, l'absence de vent ne va pas amener plus de nuages que ceux qui sont déjà présents, mais ils ne vont pas être chassés non plus!
    Il n'y a donc plus du tout de vent derrière, et vice-versa, et j'en suis forcément à l'envers dans cet endroit...
Mon appli météo prévoit de la pluie pour 9h... il est déjà 8h40, il faut que je me bouge un peu pour avoir plié le camp avant qu'elle n'apparaisse!

    La moto est tout juste chargée que la pluie est hyper ponctuelle, j'en suis très surpris, la SNCF pourrait prendre exemple... je suis tout autant surpris par le poids ressenti de ma machine lorsque je repars de mon bivouac, manoeuvrant lentement pour reprendre le bout de chemin qui m'a amené là... et puis je finis par comprendre que cette sensation est normale: puisqu'un homme averti (de la pluie) en vaut deux et que je voyage seul avec Mohamem, le surplus de poids se retrouve être conséquent!
Je verrouille mes appuis sur les reposes-pieds et pars sur le petit bout de piste qui rejoint la route.
Je prends la pluie et l'appui, en espérant que l'appui fasse
lui aussi le beau temps, même si je n'y crois pas trop.
    Je décide de repartir vers la côte pour ne pas aller en direction des nuages noirs...
L'appui ne vole pas. Car contrairement à la pluie, l'appui n'a pas d'aile... ah non, c'est plutôt qu'il n'a pas d' "L"...
Olfactivement parlant, je préfère cependant la pluie. J'aime l'odeur de la première pluie dans la nature, alors que pour écrire "l'appui", il faut faire deux "P" coup sur coup, et ça ne sent pas très bon!
Bref...
    Il fait à peine 4°, il pleut fort... ça me soûle rapidement, car le ciel n'est pas plus dégagé en allant vers la côte, alors
je fais moins de dix kilomètres avant de m'arrêter à un lavoir, histoire de faire le plein d'eau à la source qui' l'alimente et de m'abriter le temps de déterminer vers où repartir...

         

    Je n'avais pas vu ce lavoir lorsque la veille j'étais descendu du massif par cette piste...
Tant qu'à rouler sous la pluie, je décide de faire demi-tour et de passer par les routes viroleuses des reliefs plutôt que de passer par les mornes et glauques plaines côtières.
    Mais bon... ça va bien un moment,et je finis par rejoindre une autopista pour filer au sud.
Il y a beaucoup de vent, il pleut fort, c'est plutôt pénible!
La housse étanche qui protège ma sacoche réservoir part dans le vent, je la rattrape de la main gauche in extremis contre mon torse, me soulève un peu pour m'assoir dessus... avec la vitesse, la sacoche reste protégée de la pluie tant que je roule, je remettrai sa housse plus tard... mais une pause s'impose, ce qui pourrait en faire six au total. (1 pause + s'impose = 6!)
Je ne fais bien évidemment qu'une seule pause, pour le ravitaillement de la moto et de Mohamem.

    En m'arrêtant à la pompe, je cherche à récupérer la housse étanche sous moi... je l'ai bien sûr perdue en roulant!
Walt Disney a Mickey Mouse, le vent a niqué ma housse... il devait être jaloux.
Prévoyant, j'ai un sac poubelle, que j'enfile sur la sacoche réservoir et le maintiens par un tendeur bien tendu: à bon entendeur; y a un bon tendeur!
    Je scrute prévisions météos et le GPS afin de déterminer la suite de mon parcours...
Vu ce que j'ai déjà pris, vu que ce qui arrive par l'ouest sur toute la région semble être bien pire, il vaut mieux que je file vite vers le sud pour pouvoir bivouaquer ce soir sans la pluie.
Je mène donc bon train vers Murcia, dépasse Carthagena.

    Le vent souffle plus fort encore, au delà de 80km/h... ça commence à demander beaucoup de vigilance au guidon, mais a l'avantage de déchiqueter les nuages et de dévoiler un beau ciel bleu...
La chaussée est détrempée par endroit, mais je roule au soleil!
Je me fais après ce petit sprint une pause bienvenue en bord de mer à Aguilas, à 15h30...
Sur une terrasse bien abritée du vent, et je sèche en m'hydratant!

         

    Un peu de soleil, que c'est bon et fait du bien!
Je pense pouvoir facilement trouver un bon coin pour bivouaquer ce soir: il y a de belles sierras, des forêts, des déserts un peu plus loin... j'aurais l'embarras du choix.
Je repars, et constate que le vent est désormais vraiment violent... je préfère rejoindre une large autopista...
Je tiens le 120km/h de la limitation de vitesse, mais je me retrouve à faire de beaux écarts sur la route!
Heureusement qu'il n'y a vraiment pas grand monde qui circule dans le coin: dépasser un camion ou se faire dépasser par une voiture sont des moments remplis de stressss!
    Je suis crispé sur le guidon et concentré sur la route, réagissant de manière permanente pour corriger ma trajectoire. Entre les zones masquées, celles où le vent s'engouffre avec force, et de violentes bourrasques imprévisibles, c'est un peu fleepant: il vaut mieux être très vigilant et avoir des réflexes rapides... j'ai un peu d'entraînement grâce au mistral, mais là, c'est déjà un cran au-dessus du
fort mistral... j'évite habituellement de prendre la moto dans ces conditions.
    Tout en roulant, je vois apparaître sur tout l'écran de 
mon téléphone, en charge sur son support, un message.
Bizarre que ça prenne tout l'écran, mais je ne peux le lire... encore moins sans mes lunettes et dans le vent!
    Je me fais une pause au bord d'un lotissement longeant la route; j'y suis un peu protégé des rafales par les maisons et les arbres. Je sens que je joue avec ma vie, et je n'ai aucune envie de me louper sur ma capacité à jauger si je suis capable de rouler sans (trop de) risque dans ces conditions: c'est violent et devient réellement dangereux d'être en moto, surtout quand on se retrouve avec le vent de côté!
C'est toujours la même histoire: réussir à juger où se situent les limites.
Honnêtement, ça doit souffler à 120km/h, en moyenne...
Cela signifie bien que c'est parfois au-delà!
Alors j'estime avoir déjà franchi la limite du raisonnable.
    Des branches jonchent le bitume, le traversent... parfois formés en buissons ronds de branchages
, façon désert du Far West, c'est une boule de 80cm de diamètre qui passe devant moi, qui va à contre-sens ou que je double... j'en ai croisé quelques unes!
Il faut vraiment que je fasse rapidement un point, parce que l'idée de
trouver un endroit idéal pour bivouaquer dans ces conditions me semble être devenu impossible. Il y a une pension à "La Isleta del Moro", j'y avais passé une nuit il y a de ça 9ans.
    Je cherche l'endroit sur mon GPS, et je reçois de nouveau un message sur mon tél... je découvre alors une alerte de la sécurité civile, en espagnol et en anglais, annonçant une forte tempête et recommandant de ne pas circuler, de s'éloigner des forêts, de rentrer chez soi, de se mettre à l'abri... je comprends de suite mieux pourquoi il y a si peu de monde qui circule!
    Je suis à plus de 80km de la pension; il va me falloir faire un gros effort de concentration pour l'atteindre en gérant le risque de rouler... je ne sais pas si c'était très intelligent de le faire, mais je l'ai fait, et suis arrivé sans encombre à
La Isleta del Moro à 18h15...



    J'amène mes bagages dans la chambre.
Et puis je redescends mettre la moto à l'abri du vent de l'autre côté de la pension et me prendre ensuite una grande caña pour souffler un peu avant de remonter me doucher. Je n'ai qu'un peu soufflé: ce n'est donc vraiment pas de ma faute s'il y a eu autant de vent!

         

    L'eau dans la salle de bain est gelée... au bout de 15mn à attendre en vain qu'au moins elle tiédisse, je me rhabille, et après avoir jeté un oeil sur mon traducteur, redescends pour demander à avoir de l'eau chaude.
Hop! Une fois propre, j'ai voulu manger sur place... je vais mettre ça sur le compte d'un mauvais choix sur la carte, car ce n'était vraiment pas fameux...
    Je me couche, n'arrive pas à allumer la clim réversible... je ferme les volets roulants pour m'isoler un peu plus du bruit du vent qui vient buter contre la baie vitrée, et de celui de la houle.
Je verrai demain ce que je fais... s'il y a toujours autant de vent, je resterais une nuit de plus ici, car ça ne sera pas plus recommandé de circuler, et ça ne me fera pas de mal de me reposer un peu...
Mais en attendant: dodo!

Demain est un Autre Jour!


Itinéraire Jour 3: 428 km, 9h35

Jour 4: Trop de Vent Devant!

    Il y a toujours autant de vent, derrière comme devant, en ce matin du quatrième jour de mon périple...
Le ciel est de plus bien bouché... mais tout ça ne me démonte pas: je suis en vacances, alors je sors ma cafetière italienne et le réchaud pour me faire des cafés dans ma chambre.

         

    

    Je prends mon temps avant de partir me balader au bord de mer.
Vu que les tuiles peuvent apparemment voler, mieux vaut vite s'éloigner de là où il y a des toits... Je rejoins donc la famille, car "Si ce n'est toits, c'est donc ton frère.", comme le disait le loup à l'agneau près de La Fontaine.
Ah non... 
près de La Fontaine, il lui disait: "S'il se nettoie, c'est donc ton frère."...
Bref...
    En faisant attention à ne pas trop s'approcher des bords de falaises ou des sentiers étroits, c'est même plutôt drôle de se faire autant bousculer par autant de vent!
    Je mitraille, l'endroit et le moment sont sympas... j'adore ces deux petits monts en bord de mer, qui sont d'anciens volcans...je patiente que le soleil apparaisse pour faire mes photos; faut pas se louper, les nuages défilent tellement vite!

              
              
              

    Je parviens à somnoler dans une petite crique abritée, le soleil me chauffant par intermittence... trop bon!
Mais c'est le début de la faim, et après le repas de la veille au soir, j'espère qu'il y aura un autre endroit ouvert pour manger. Le petit resto que j'avais vu
à côté de la pension l'est heureusement, et je me fais une daurade pêchée ici, qui est un vrai délice!
    Un expresso pour terminer mon repas et je me dirige vers la caisse. Et là, ben... plus de courant, tout le jus du secteur a sauté. Heureusement, il me reste un peu de liquide pour payer...
Le réseau téléphonique est lui aussi en carafe...

    

    Le reste de l'après-midi, je me fais une grosse larvade siesteuse sur mon lit, avec la douce chaleur du soleil qui m'atteint par intermittence à travers la baie vitrée. j'entends le son de notification de charge de mon téléphone branché lorsque le courant revient... ce qui ne dure jamais plus de trois minutes!
Je ne ressors de ma chambre qu'en fin d'après-midi.

    

    Il n'y a plus personne dans la pension, mais je vois un peu de lumière au fond de la cuisine... je frappe et appelle. La mamie et une jeune serveuse sont rassurées lorsqu'elles me voient: elles ont eu peur, croyant être seules... Mamie m'ouvre, je commande une bière et remonte dans ma chambre la boire en fumant sur ma petite terrasse un peu abritée.
    La nuit est tombée depuis un moment, il est l'heure de manger... je descends avec ma lampe frontale pour savoir s'il est possible de le faire, en espérant choisir un plat meilleur que celui de la veille...
un bocadillos ferait l'affaire!
Il est clair qu'il ne va être possible de rien du tout: je suis enfermé, tout le monde est parti, et je n'ai accès qu'au hall d'entrée de la pension au pied de l'escalier... le hall est verrouillé, mais la clé est sur la serrure...
    Rien de grave; je suis autonome, j'ai de quoi manger, ma frontale, de quoi recharger mon téléphone. Je me retrouve en mode bivouac de luxe dans ma chambre. Je sais que le courant revient lorsque la lumière s'allume, le réseau téléphonique est toujours en carafe, mais je profite d'un retour du jus et donc du WIFI pour télécharger quelques épisodes d'une série... ça fera passer le temps!

    Je suis bien décidé: quelle que soit la météo demain matin, et sauf apocalypse en cours, je reprendrai mon périple: je suis bien reposé, j'ai bien assez glandé et j'ai bien envie de rouler!

Demain est un Autre Jour!


      
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