Préambule...
Mais que se passe-t-il en ce début d'année 2026, année de catharsis?
Je n'ai aucune idée de ce que cela peut signifier, mais ce n'est pas important: il se trouve que 2026 rime avec "catharsis", et c'est une raison largement suffisante pour que je l'écrive...
Certes, cela ne rime pas riche, mais je suis moi-même d'origine modeste.
D'origine seulement, puisqu'ensuite, j'ai déménagé à Marseille.
J'ai quelques jours de RTT à prendre avant la fin du mois.
J'ai surtout une grosse envie et un énorme besoin de prendre un bon gros bol d'air revigorant!
J'ai en projet de repartir vers l'Andalousie et la sierra Nevada...
J'avais été frustré de ne la voir que de loin lors
de mes deux précédentes balades hivernales,
destinées à aller découvrir comment étaient
en hiver les ibères andalous. Etaient en hiver: on aura tout vu!
Le premier hiver andalou que j'ai vécu fut très froid,
alors que l'ibère est plutôt chaleureux de nature.
Me préparant à cela lors de ma deuxième
virée, ben, j'avais même eu plutôt très chaud
en journée...
Ne sachant à quoi m'attendre pour cette année, je
surveille la météo espagnole depuis un site
français.
La situation météo ne semble pas idéale. Il semble même qu'il y ait des innondations en Andalousie.
Les jours passent...
Préparation...
En attendant un moment plus propice au départ, je me prépare petit à petit.
J'achète un compresseur autonome, qui pourra me servir de
batterie pour charger la caméra et mon tél le soir.
Et puis aussi un duvet un peu plus chaud, affichant une
température de confort de 0°C; jusques là, non
seulement je n'étais pas assuré de dormir au chaud, mais
en plus j'avais à me glisser dans un sac de soie, puis dans un
sac en laine mérinos, puis dans mon sac de couchage... et si besoin, dans un deuxième sac de couchage! Le tout
pouvant me prendre dix bonnes minutes avant d'être bien
installé.
Faut vraiment avoir envie de pisser pour envisager sortir de
tout ça en pleine nuit, avant de s'y replonger!
Je fais monter des pneux mixtes à mi-usure,pour
remplacer mes pneus routiers, dans un petit atelier très
sympa sur Marseille. Je comptais le faire seul avec Mohamem, mais il
n'était pas dispo, alors j'ai préféré
déléguer que de ne pouvoir compter que sur
moi-même... j'ai bien fait: ils ont galéré à
l'atelier avec le pneu avant, malgré tout leurs
équipements... alors moi, à la frontale devant mon box,
avec un serre-joint pour décoller le pneu de la jante, mes
démontes-pneus et la roue posée sur une palette, j'aurais
certainement galéré plus encore!
Je ressoude un connecteur étanche pour mon GPS; il avait
été arraché lors de l'installation des feux
additionnels.
Montage par un autre atelier, qui avait par ailleurs réussi
à foirer le filetage de la mise à la masse de la
batterie. J'avais fini par me décider à leur ramener la
moto et leur demander de réparer leur bourde en taraudant et
remplaçant la vis. J'avais des soucis récurents avec ma
batterie, que je
ne pouvais donc même plus démonter... j'ai enfin pu
ensuite la
remplacer par une batterie au lithium. Et ça change tout!
Quelques courses, notamment des bougies chauffe-plat pour gagner un peu de chaleur la nuit, et je suis paré!
La météo n'est toujours pas idéale: de la pluie,
du vent sont prévus un peu partout où je souhaite rouler.
De toute façon, je n'ai plus le choix, mes congés sont désormais posés, alors je
verrai bien route ou chemin faisant comment faire pour éviter au
mieux d'éventuels aléas climatiques.
J'avance toutefois de 24h mon départ: de la pluie est prévue le mardi sur tout mon parcours, même en Espagne!
Et donc, le lundi 26 janvier 2026, contrairement à Mohamem mais
à l'instar de ma batterie, la moto est bien chargée!
Je n'ai pas l'intention de trop lambiner pour descendre en Andalousie,
car je souhaite avoir un peu de temps pour rouler là-bas... j'aimerais beaucoup pouvoir ensuite poursuivre sur l'Algarve et le Portugal avant d'entamer le trajet du retour...je verrai en temps voulu si c'est envisageable!
Je sais donc que pour ce premier jour je vais devoir abattre un
maximum de distance, puisque j'envisage de dépasser Valencia
avant de chercher un endroit où bivouaquer.
Dépasser Valencia, ce serait déjà très
bien... c'est très joli aussi avant, mais les paysages
commencent à bien changer à partir de là... et
puis il serait aussi pour le moment inutile de se précipiter plus au
sud: il devrait y pleuvoir!
Jour 1: le Départ!
Zou! C'est parti!
Il est 8h40, et pour commencer mon périple,
bouchons enfoncés dans les oreilles, je m'enfonce dans les
bouchons de Marseille, et puis je trace. En passant près de
l'endroit où je bosse, j'hésite à aller faire un
coucou: cela se fait-il vraiment de narguer les collègues qui
bossent en venant montrer que tu es trop content de partir en vacances?
J'ai fini par me dire que cela ne se faisait pas; je suis resté sur l'autoroute...
Une photo pendant une
première pause à Béziers, une autre en Espagne,
tout en grignotant dans le vent un bout sur une aire d'autopista...
Je roule, je roule, je roule... il n'y a pas grand chose à raconter. Ah si!
Figurez-vous qu'à un moment, ben...
Ah non... rien, que dalle, nada!
Vraiment rien à raconter!
Les heures, les kilomètres, les camions sur
les files, défilent... c'est un défi laid que de vouloir
ainsi vite tracer tout en défiant ou surveillant si des filets
sournois tendus par la gendarmerie pour t'arrêter, cachée
derrière des files effilées de véhicules ou des
piliers... mais je m'égare... défi laid, donc,
que d'être en moto sur l'autoroute: tu ne bouges pas sur la moto,
tu ne freines pas, tu ne prends pas d'angle, tu ne peux pas manger, ni
écouter de la zique avec un bon son, t'es pas dans fauteuil, tu
ne peux pas fumer, mais tu peux boire, si tu as un sac
d'hydratation...
Je peux donc boire... c'est un vrai confort!
Je me rapproche de Valencia, mais aussi de la fin de la
journée, la luminosité devrait
rapidement décroitre... je ne suis qu'au nord de Valencia, mais
il est préférable que je commence à chercher un
coin pour dormir... cela fait
aussi un petit moment que je suis dans l'attente d'être dans la
tente...
Je suis sorti de l'autopista et roule sur une route de plaine presque
vide, ce qui peut paraître contradictoire, je suis coincé entre
une voie ferrée et la fameuse autopista...
c'est très bof bof comme ambiance, mais j'aime beaucoup les
collines boisées que je vois à ma gauche, elles seraient
parfaites pour m'y installer.
Lorsque j'aperçois un tout petit pont au loin
qui enjambe l'autoroute, je me débrouille pour le rejoindre.
Et juste après, je me retrouve sur une très jolie
pistounette. Cela fait un moment que je n'ai pas roulé sur des
pistes, deux ans je crois, et celle-ci est idéale pour le faire
sans appréhension!
C'est plat, c'est large, il y a quelques flaques mais pas de boue, alors j'avance debout.
Je repère rapidement un endroit au top pour
bivouaquer, poursuit un peu histoire de voir si je trouve mieux
plus loin, mais fais demi-tour en constatant que plus haut je ne serais
plus du tout abrité du vent, qui souffle un peu, tout de
même. Je fais habituellement plus dans la moto-satisfaction que dans
l'auto-satisfaction, mais ce soir-là je suis assez satisfait de constater
qu'à défaut d'odorat performant, j'ai encore un peu de
flair, celui qui me permet de trouver des coins sympas pour
bivouaquer...
Ce sera donc là, le bivouac du jour!
17h40, je coupe le moteur..
J'ai eu le temps de voir de belles couleurs, malheureusement éphémères, mais à peine eu le temps de déballer la tente avant qu'il ne commence à pleuviotter...
Je parviens tout de même à la montere
et à y mettre mes affaires avant que de petites averses
ne s'enchaînent... je me retrouve un peu bloqué à
rester sous la toile,
mais c'est une 3 places assez spacieuse; j'aprécie de
pouvoir étaler un peu mes affaires à
l'intérieur tout en pouvant y bouger un minimum.
Notamment pour une première toilette à la lingette bébé!
Je suis en vacances!
J'ai fait plus de 700 bornes, je bivouaque dans un endroit top!
J'ai une bière ouverte et une bougie allumée...
JE SUIS TROP CONTENT!!!

Je ressortirai marquer mon territoire de manière animale...
On n'est jamais trop prudent!
Demain est un autre jour!

Itinéraire Jour 1: 738 km, 9h