Préambule...
Youpi!
Cette année encore, Bouste m'a invité à participer à l'Ultimate Offroad Ride!
UOR, pour les intimes...
Cette virée aventureuse est tellement top que lorsque l'on y a goûté, on n'a qu'une envie: se resservir!
Car la saveur en est à chaque fois différente, et surtout, toujours délicieuse!
L'idée de se faire un bon gros trip moto accompagné de
joyeux drilles, de partager pistes, pistaches et anecdotes en fin de
journée, est toujours très tentante!
Cette année, le parcours est intégralement espagnol.
Rendez-vous est donné le 30 mai au relais motard de
Pépé, à quelques centaines de mètres de la
frontière qui parcourt les Pyrénées, pour un
début d'aventure le lendemain.
Environ 2300 kilomètres à faire...
tout d'abord en direction du sud de Valencia, ensuite vers l'ouest et
Madrid, puis en direction de la côte
métiterranéenne avant le retour chez
Pépé... voilà qui donne envie de bouffer des
bornes! En essayant toutefois de ne pas trop les dépasser, car il
vaut toujours mieux rester prudent si l'on souhaite que bonhomme et
machine arrivent entiers et pas trop fatigués au bout du
périple...
Ce sera cette année la quatrième fois que j'aurais le
privilège et l'honneur de pouvoir y participer.
Précédemment, je suis allé à une première édition avec mon Africa 750, puis avec l'Africamion, et enfin avec mon vaillant XR400.
Il y a des éditions que j'ai loupées, par faute de moyen
ou de disponibilité par rapport au taf, et une fois où
j'ai dû annuler ma participation au dernier moment...
Cette année, j'ai les finances, je ne suis plus intermittent du
spectacle et j'ai un employeur compréhensif, ma demande de
congés est validée, alors je vais pouvoir en
être... trop bon!
Faut juste que je m'y prépare un minimum...
je n'ai pas pu travailler ma forme physique et mon
cardio autant que je l'avais envisagé, mais le peu que j'ai pu
faire est le minimum requis pour ne pas trop souffrir tout au long du trip, où l'endurance est de mise.
Je m'occupe de l'étanchéité de ma vieille
tente, n'ayant pu réparer celle qui a souffert dans une
tempête de vent lors de mon périple andalou en début d'année, et ne souhaitant pas en acheter une nouvelle... ma vieille tente est
plus rapide à monter, de taille réduite et assez
légère... j'espère juste que je n'aurai pas
à vérifier si je l'ai correctement rendue de nouveau
étanche!
Préparation...
Vu que je circule au quotidien avec des pneus routiers et la proportion
de pistes sur le parcours, un changement de pneus s'impose. Je commande
des pneus à crampons Mitas Enduro XT, et je prends
rendez-vous la veille de mon départ, histoire de ne pas trop les
entamer, pour les faire monter dans
un petit atelier, ayant un peu la flemme et jugeant manquer de temps
pour le faire faire par Mohamem.
Je demande à un des deux gars
qui gèrent l'atelier si je peux faire une photo, ce que je
peux... je lui dis alors qu'en plus "ça vous fera de la
pub!".
Mais ils n'ont pas besoin de pub, et cela est bien normal: ils bossent vite, bien, et ne sont pas cher...
Et puis ils se moquent du gars qui fait monter les mêmes pneus que moi sur son scrambler BMW...
- "Lui, c'est que pour le look!"
Des gars bien, donc...
Mazette!
Que ma Belle Grise est belle! Elle paraît si fine sans son gros
top-case et si aventurière avec ces pneus à crampons!
Le
jour de congés que j'ai pris la veille du départ me permet aussi de
ressortir du placard mon équipement tout-terrain, de l'enfiler pour le vérifier, de
faire quelques courses, de préparer et charger mes bagages et outils,
de charger la trace dans mon GPS et de vérifier que son alimentation par la moto fonctionne toujours...
Tout mon équipement est vieux, mais j'ai fait tellement peu de
tout-terrain ces dernières années que cela fera bien
l'affaire pour cette fois encore...
Il m'apparait que je suis paré!
YAPLUKA!
Jour 0: Direction le Point de Départ!
9h en ce samedi 30 mai, et je termine de m'équiper avant de prendre la route...
Zou! C'est parti!
Je
n'ai aucune envie de ne faire que de l'autoroute... déjà
parce que c'est pénible, ensuite parce que ma destination n'est
pas si éloignée que ça de chez moi et que j'ai donc du temps pour la rejoindre, et enfin pour
ne pas trop user mes pneus avant d'y arriver.
Ceci dit, je prends bien sûr les autoroutes pour sortir de
Marseille... et de suite, je constate que mon masque cross est
complètement rincé... sa mousse se délite en
poussière, et je m'en prends plein les yeux... c'est
insupportable, alors je l'enlève et roule avec des lunettes de
soleil pour me protéger du vent...
Je pensais passer avec ma grande moto par la Grande Motte, mais je trouve qu'il y a trop de
monde qui va vers la côte, alors je récupère une
portion d'autoroute
afin de fuir les embouteillages et dépasser Montpellier... je reprendrai des petites routes une
fois la ville de Béziers dépassée. Je me fais donc une première
pause sur une piste vers midi, dans la campagne narbonnaise... c'est dire si j'ai
fuit l'autoroute!

Je roule depuis mon départ prudemment; je trouve le rodage de ces pneus neufs un peu long...
Avec l'impression de beaucoup survirer, ils sont déroutants sur
route, mais fort heureusement, pas décheminants sur chemin...
ce petit bout de première piste avec la moto chargée est
très rassurant quand au choix de ces pneus.
Je profite de la pause pour grignoter un bout et coller du gaffer sur
la mousse de mon masque... ça va moins respirer, mais au moins,
je pourrai l'utiliser!
J'avais déjà dépassé Narbonne, je prends
ensuite de petites départementales bien sympathiques pour
poursuivre vers Durban-Corbières et Tuchan.
Une nouvelle pause s'impose, sur une jolie piste que j'ai prise.

Je suis trop content d'être là, de pouvoir profiter de ces
belles routes et pistes... cela me change de la routine des trajets
quotidiens moto-boulot-dodo, alors je savoure et prends mon temps.
Il me tarde tout de même d'arriver chez Pépé!
La montagne disparaît au loin dans des nuages, qu'il y pleuve est probable...

Sur un précédent UOR, on avait rejoint le relais de
Pépé en prenant une très belle route sur les
contreforts des Pyrénées, puis une longue piste, que nous
avions alors parcourue sous les trombes d'eaux d'un orage dantesque...
j'espère que c'est sans la pluie que je pourrai y repasser
aujourd'hui!
Pour cela, il me semble que je doive passer par
Amélie-les-bains. Je me trompe un peu en voulant le faire, fais
un gros détour, mais j'y parviens tout de même... je
repère sur mon GPS une petite route tournicotante au sud de la
ville. J'imagine que c'est celle-là que je doive emprunter pour
retrouver la piste... c'est en tout cas un régal d'y rouler! Les
panoramas sont magnifiques!
Manque de bol (mais de toute façon j'ai un mug!), la route se trouve être barrée au niveau d'une intersection.
Un texte averti que, suite à l'effondrement d'une paroi
rocheuse, la route a été emportée et est donc
coupée, qu'il y a danger de mort à l'emprunter... je
bifurque donc. Mais au bout de quelques centaines de mètres, ou
plutôt de quelques kilos de mètres, car je trouve ça plutôt lourd, mon GPS me
confirme que cette route va à l'opposé de ma destination finale. Alors je
me dis que ces panneaux avertissent peut-être d'un danger qui
n'est pas si grand que ça, qu'ils sont là pour
prévenir et décourager un P.D (Petit Dégonflé!) de prendre des risques... alors j'y retourne!
J'y roule avec beaucoup de vigilance, surveillant autant le bitume et
les pierres qui y reposent que les parois d'où les pierres
pourraient se détacher... plus loin, quelques voitures sont garées
sur le bas-côté étroit, je dépasse un couple
de randonneurs adultes en sac ados, et je râle contre le pick-up qui barre la route,
garé bien en travers. Derrière lui, une
barrière que je ne pouvais voir...
OK... la route est donc bel et bien fermée.
Je fais demi-tour et me pose pour une pause. Je discute avec les randonneurs qui m'ont rejoint et qui n'en sont
pas: ils habitent plus loin, et laissent une voiture de chaque
côté de la route disparue... Seul moyen pour eux de ne pas faire
un détour de plusieurs dizaines de bornes pour aller bosser ou faire leurs courses et pour
rentrer chez eux...
C'est donc ce que je vais devoir faire... un détour qui devrait me prendre 45 minutes...

Heureusement, la route et les paysages sont magnifiques!
Je suis presqu'arrivé, ce n'est qu'un petit contretemps, et
j'espère toujours que ce n'est pas de la pluie qui m'attend plus
loin! Je serais dégoûté de prendre des gouttes...

Je traverse enfin Coustouges, dernier village avant la frontière, et j'arrive chez Pépé!

Enfin! Comme ça fait plaisir d'être là!
Il est 18h15 et beaucoup sont déjà arrivés.
Je me débarrasse un peu de mon équipement, et la tchatche des retrouvailles débute...


C'est loin d'être la première fois que Pépé
accueille les participants de l'UOR chez lui.
Et pour beaucoup, c'est loin d'être leur première participation à l'UOR.
Certains sont venus de loin, d'autres de très loin, motos sur
remorque ou dans des fourgons, et d'autres encore sont comme moi venus
directement sur leur moto. Il y en a que je ne connais pas, d'autres
que je n'ai pas vus depuis un bail, d'autres que je connais mais ne
reconnait pas... (Monsieur
et madame Ionomist ont eu un fils. Je ne sais pas quel est son
prénom, mais une chose est sûre: je ne suis pas le fils
Ionomist!)
C'est toujours un plaisir énorme de tous se retrouver!
Je jette un p'tit coup d'oeil autour de moi...
Damned! Il n'y a que des avions de chasse!
Je ne sais pas du tout avec qui je vais rouler... non seulement je ne
me sens pas vraiment en forme, mais en plus, je sais que je suis une
vraie quiche question entraînement en tout-terrain, et que du
coup mon niveau de pilotage, surtout avec un gros trail bien
chargé, va laisser à désirer... voir toutes ces
bécanes, bien préparées, je me dis
forcément que tous leurs pilotes sont eux aussi parés et
bien préparés pour l'UOR... un peu d'inquiétude
m'habite et m'écouille: c'est moi qui ai la plus grosse et la
plus lourde, mais pas la plus vaillante...
Je n'ai pas vraiment envie d'imposer ma présence
gastéropodique dans un groupe de roulage; je verrai bien assez
tôt demain si je me greffe à un groupe, ou si j'irai seul à mon rythme, afin de n'emmerder personne...


19h30, je monte ma tente, et je profite du confort qu'offre l'endroit
pour aller me doucher. Je n'ai aucune idée de la durée
qui me sépare de ma prochaine douche, et j'ai donc des lingettes
au kazoo, pour un peu me nettoyer, et en musique s'il vous plaît, si je commence à trop puer.
Au premier soir de l'UOR, il vaut mieux se préoccuper
assez tôt de ce type de détail et de s'en débarrasser, car passé une certaine
heure, cela peut rapidement devenir compliqué de le faire: l'apéro est forcément festif!
Ceci dit, rétrospectivement, c'est tous les
soirs que sur l'UOR il vaille mieux au plus tôt se
débarrasser de la corvée du montage de camp: choisir un
bon emplacement et être efficace dans l'installation peut
s'avérer délicat et chronophage avec la fatigue du jour ajoutée à l'apéro rituel du soir...



Pépé nous a dressé une belle table, le barbecue et
les esprits chauffent, et c'est tant mieux parce qu'il commence
à faire un peu frisquet... on s'installe donc gaiement, et on
reçoit nos goodies UOR: des motocollants, un patch, un T-shirt,
un tour de cou.
Le soleil va bientôt se coucher, mais pas nous!

Je me suis installé à l'écart, histoire de pouvoir
m'endormir rapidement si je fatigue et que la soirée dure.
Et vers minuit, je suis effectivement déjà dans ma tente,
prêt à dormir, équipé de bouchons
d'oreilles, et j'ai bien fait de ne pas prendre mon sac de couchage le
moins chaud!
Vivement demain!
Demain est un autre jour!
Itinéraire Jour 0: 462 km, 9h