Vive les Vacances!
Je prends des vacances, j'en ai grandement besoin!
La saison d'été est toujours très intense, c'est
le moment de souffler un peu et de prendre un grand bol d'air!
J'ai envie de partir en moto, de rouler dans des coins paisibles, de voir de larges
panoramas, de bivouaquer. J'ai envie d'aller vers l'ouest, de voir ma soeur,
l'océan, ses vagues et marées qui me manquent tant, à moi qui vit au bord de la grande flaque
méditérranéenne. J'ai aussi envie de voir mon pote
d'enfance, Gigi, qui est bien plus qu'un simple pote: c'est mon
frère... 50 ans qu'on se connaît, ça commence à faire!
Au printemps dernier, avec l'envie qu'il avait de
s'acheter une bécane capable de l'amener jusqu'au
Sénégal, il hésitait entre une BMW 1200 GS et une
Africa Twin... il m'a donc demandé mon avis et je le
lui ai donné; il a en toute logique fait l'acquisition d'une
Africa!
Germe en moi l'idée que l'on se retrouve
à mi-chemin, pour que nous puissions une nouvelle fois rouler en
deux roues tous les deux sur un week-end. Cela ne nous est quasiment
pas arrivé (une seule fois!) depuis
l'époque des épopées mémorables aux guidons
de nos 103 SP respectifs! On découvrait alors la liberté
de se déplacer en deux roues et ses plaisirs... de très
bons souvenirs!
Le mi-chemin entre Bordeaux et Marseille, cela
pourrait signifier l'Aveyron... je le lui propose, il s'organise pour
que cela puisse se faire. Top!
Je prends contact avec les proprios de gîtes
où j'ai mes habitudes estivales; ils sont fermés, mais
ils nous ouvriront malgré tout l'accès à un de
leurs gîtes. Top aussi!
Nous allons donc nous retrouver le samedi soir là-bas, pour ensuite rouler ensemble jusque chez lui le dimanche.
Comme il me tarde!
Je vais improviser mon parcours jusqu'au point de rendez-vous,
même si j'en connais déjà les grandes lignes, qui
ne sont pas droites du tout, sauf pour ce qui est de la première
partie: tracer effectivement rapidos de Marseille jusqu'à
Nîmes pour rejoindre Anduze, et ensuite commencer à
arpenter les Cévennes, puis les gorges du Tarn et la
vallée du Lot... des coins que j'adore! Et encore plus en moto!
Ainsi donc, je démarre à 9h30 ce 26 septembre... deux heures après je suis à Anduze, et 38 minutes plus tard je fais une première photo dans les Cévennes... d'autres suivent tant c'est beau!
Je m'en prends plein les yeux et plein les pneus...


Il fait un temps magnifique... la grande régalade commence merveilleusement bien!
Contrairement à ce que je croyais, les couleurs de l'automne ne
sont pas encore là... je l'imaginais pourtant en regardant les
paysages en roulant, mais je constate que c'est uniquement parce que la
végétation a bien souffert de la sécheresse de cet
été qu'elle est aussi rousse...
J'ai oublié d'installer mon GPS avant de partir, il est
resté dans mon sac de selle... du coup, je n'ai rien
enregistré de mon parcours... je me souviens être
passé par Saint-Jean-du-Gard pour rejoindre Florac par
Saint-Etienne-Vallée-Française et
Barre-des-Cévennes. Je me suis pas mal paumé, ai perdu
beaucoup de temps à jardiner, mais peu importe: c'est simplement
magnifique, et très agréable!
14h, j'ai dépassé Florac et arrive à l'entrée des gorges du Tarn.
Je me pose à l'ombre des arbres, au bord de la rivière,
pour ingurgiter mon sandwich acheté à Anduze.
C'est calme, c'est paisible, tout cela me zénifie...


La pratique de la moto devrait être remboursée par la sécurité sociale!
Je voterais volontiers pour les démagogues qui le proposeraient!
Sauf si c'est les rennes, bien sûr: il serait inhumain de se fier à des animaux pour nous gouverner!
Il me tarde de retrouver Gigi, mais j'ai aussi envie de continuer à me faire plaisir!
Mon seul impératif étant d'arriver avant la fermeture des
commerces d'Entraygues, seule petite ville à proximité de mon
point de chute du jour, pour pouvoir y faire quelques courses.
Cela faisait un bail que je n'était pas
passé par les gorges du Tarn... elles faisaient partie de mon
itinéraire de prédilection, que je prenais
régulièrement pour retourner dans la région
bordelaise.
Je ne pouvais plus y passer qu'en période estivale, et c'est un
peu trop beaucoup blindé de monde l'été;
trop de trafic sur ces routes étroites... trop de bus, de mini-bus remorquant des canoës,
de camping-cars, vraiment trop de touristes. Bon, d'accord, je suis moi aussi un
touriste... mais je suis aussi passé par ici en décembre avec
une température de -14°C, ça me fait me
considérer un peu moins comme un touriste, ou me donne une
fausse raison de pester, mais que j'estime vite fait être très juste, puisque ça m'arrange pour
pouvoir râler contre la masse des touristes qui eux n'ont pas grand chose à
faire là, et surtout pas en même temps que Mohamem!
En été, j'ai eu ces dernières années
plutôt tendance à passer par les gorges de la Jonte et de
la Dourbie. C'est tout aussi magnifique, mais avec beaucoup moins de
monde!
Mais aujourd'hui, en cette fin du mois de septembre
et début d'automne, j'apprécie énormément de
passer par les gorges du Tarn: il n'y a plus grand monde, et c'est
toujours aussi beau!
Je ne m'arrête pas et n'en fait pas beaucoup de photos... je me
souviens très bien de tous ces endroits, je les revois cependant
avec grand plaisir! C'est finalement assez court, car j'en sors
à Les Vignes, par la route pleine
d'épingles qui gravit le versant nord de la rivière et
permet de rejoindre Séverac-le-Château par le Massegros et
sa source, où j'aime à faire le plein d'eau.


Depuis Séverac, je pars à travers la cambrouse rejoindre le Lot à Saint-Geniez-d'Olt.
Je me débrouille à le longer, en passant par Espalion et Estaing, c'est du pur plaisir!
Il fait vraiment un temps splendide, et j'ai même chaud...

Peu après 17h, j'arrive enfin à Entraygues!
J'achète de quoi prendre l'apéro et nous sustenter, me fais
une petite pause près du vieux pont. J'y prends des nouvelles de
Gigi: il se fait lui aussi une pause et n'est plus très loin de
notre destination finale!


18h, j'arrive au gîte.
J'appelle, personne ne me répond. Comme me l'avait dit
Rémy, le gîte est ouvert. Je décharge la moto et y
pose mes bagages. Cinq minutes à peine après mon arrivée,
j'entends un bruit de moteur familier...
Oui, c'est bien une Africa!
On a la possibilité de stationner nos presque deux cents chevaux
là où habituellement il y en a au maximum cinq.
Comment que ça fait trop plaisir de se retrouver!

Maya a pris cette photo à ma demande, elle venait d'arriver avec Rémy et leur fille.
Leur accueil est toujours aussi chaleureux: j'ai sorti le saucisson, ils
sont venus à notre table extérieure avec bières et
springles... Rémy, partant rejoindre sa petite famille, nous
demande si nous avons tout ce qu'il nous faut pour le lendemain matin.
Prêt à nous proposer du café, il m'annonce qu'il
nous offre le gîte. Je n'ai pas réussi à trouver
les bons mots pour le remercier comme je l'aurais voulu, ça m'en
a bouché un coin!
Ils sont vraiment adorables, et je les
remercie encore une fois!
On a blablaté jusqu'à minuit, et puis gros dodo!
Je passe une très bonne nuit, d'au moins 7h de sommeil et sans
réveil... je ne me souviens même pas de la dernière
fois où ça m'est arrivé tellement cela doit dater!
Gigi m'a dit que pour lui aussi, cela faisait très longtemps
qu'il n'avait pas aussi bien dormi. Les bonnes ondes et le calme du
lieu en sont peut-être les raisons...
Café, café, café... on recharge
les motos et on est prêt à décoller vers 9h30.
J'ai repéré quelques petites routes avant de partir. On
retourne vers Entraygues et on longe le Lot. Un coin qu'il ne connait
pas du tout et que j'ai envie de lui faire découvrir.
J'improvise, on prend majoritairement de toutes petites routes. Je me
souviens qu'on passe par Conques, ou à proximité, pour
rejoindre Cajarc.
On s'y arrête faire le plein de carburant, et
manger à l'ombre des arbres d'une sympathique terrasse de resto
au bord du Lot. J'apprécie habituellement de ne manger qu'un sandwich au milieu
de nulle part, c'est souvent plus rapide, mais aujourd'hui, cette pause
est bienvenue et fait du bien!
Direction Saint-Cirq-Lapopie!
Nous
y arrivons à la fin d'une compétition, et c'est bondé de monde, alors
on se fait une pause plus loin, avec un point de vue magique sur le
Lot...

Une fois cette partie du Lot dépassée, les routes sont
plus larges, le bitume plus régulier, notre rythme devient un
peu plus rapide. On enchaîne donc les bornes, et on arrive
à Monflanquin, petite ville à l'architecture
médiévale où je m'arrête souvent. En
été, il y a tellement de monde qu'il est difficile de s'y
garer en moto... la place centrale est couverte de terrasses et il est
tout aussi compliqué d'y trouver une table libre. Mais
aujourd'hui, il
n'y a personne! Toutes les terrasses sont rangées sauf une,
celle d'un bar philosophique /
librairie tenu par un couple de britanniques, qui est heureusement
ouvert et nous accueille.


Nous repartons.
La fatigue se fait bien sentir, j'ai le cul en compote et bien mal au dos...
même s'il ne nous reste plus qu'une quarantaine de minutes de
route avant d'arriver chez Gigi, on se fait une dernière pause
sur un trottoir, à la sortie d'une petite ville. On arrive enfin
à destination, un peu avant 19h30. Ouf!
Cela conclue deux jours de roulage extraordinaires, avec une météo tout aussi radieuse que nous le sommes!
Cela fait du bien d'avoir pu passer autant de temps ensemble, de partager ces moments!
Quand est-ce qu'on pourra réitérer la chose? Aucune idée...
Demain, Gigi partira au boulot, et je poursuivrai ma route vers l'ouest...
Demain est un Autre Jour!